[17] La plaisance, c’est le pied !

Hola !

Cela fait maintenant un petit mois que nous avons quitté Propriano pour les Baléares. Notre première escale fut l’île orientale de l’archipel, Minorque. La remise en forme suite à la traversée (racontée ici) a consisté en une paella à l’encre de seiche au restaurant proche du bord de mer et à des promenades tout autour de l’île, entre falaises, prairies verdoyantes et eau turquoise (et méduses). Nous avons poursuivi notre voyage vers Majorque, île plus imposante, plus touristique. Jusque-là, c’est le rêve. La belle vie. Tout se passe comme sur des vaguelettes. Alors, naturellement, on s’est senti en confiance.

Nous décidons donc de rejoindre Ibiza, à l’Ouest. La traversée est longue de 60 milles nautiques, équivalents grosso modo à 120km. Les vents sont peu favorables le matin mais les prévisions indiquent qu’ils doivent tourner dans la journée pour nous faciliter la tâche. Nous prévoyons une douzaine d’heures de navigation.

7h réveil, 7h15 pancakes cuites, 7h17 pancakes mangées, 8h moteur en marche, vamos !

Nous partons donc, cap 265°. Vent dans le nez, tendance narine gauche. On était prévenu, on se rassure, les vents vont tourner et on sera tranquille. En attendant ce coup de pouce d’Eole, la mer décide de se lever et une houle se dresse sur notre chemin, pile poil comme il faut pas. Résultat? Effet tapis de course. T’as beau courir vite, si le tapis va aussi vite, tu restes sur place. Je dirais même, effet tapis de course mouillé. Aller contre une vague, tout le monde le sait, ça éclabousse…

Après 5h de navigation, le constat est là : nous n’avons parcouru que 17 milles sur 60, nous sommes trempés, le vent et la houle sont contre. Un esprit logique aurait décidé dare-dare d’un demi-tour pour retrouver les eaux calmes de Majorque. Mais non, nous sommes obstinés par ce vent qui doit bientôt tourner et nous continuons tête baissée.

Le cap s’éloigne progressivement, notre route est bien trop Nord. Nous allumons le moteur pour essayer de contrer ce vent terrible. La houle est toujours haute, le bateau tape fort : ça fait du bruit et des gerbes d’eau sur le pont. Ça fuite par le hublot avant. Ça fuite par le panneau latéral. On se concentre et compatit pour Felouk qui résiste tant bien que mal. Puis, il y a un bruit. Différent. On ne comprend pas bien ce qui s’est passé. Un regard vers l’avant du bateau et le diagnostic est fait : l’ancre, mal accrochée, est tombée et la chaine s’est déroulée sur quelques mètres. Impossible de la ramener en étant contre la houle, nous devons faire un demi-tour pour la remonter à bord. La manœuvre est stressante mais réussie. L’ancre est à sa place. Nous repartons vers Ibiza.

Après 10h de navigation, nous sommes encore loin et les vents toujours pleine face. “Mais bon sang, quand est-ce qu’ils vont tourner ces vents?!” Nous pressentons une arrivée de nuit. Nuit sans lune qui plus est, c’est plus rigolo quand on n’y voit rien du tout. Un esprit doué d’intelligence aurait alors préconisé une arrivée dans un port, endroit serein, et éclairé. Mais non, nos cerveaux sont rincés et nous décidons de barrer en direction d’une cala minuscule. L’approche est délicate, la cala est calme, nous posons l’ancre. Il est temps d’ouvrir un bocal mérité de bœuf bourguignon maison accompagné de sa purée bien beurrée. Le ventre rempli, les cernes creusées, il est temps d’aller dormir.

Réveil 4h : il semble que l’ancre soit mal accrochée et que nous dérapions vers les falaises. Frontales au front, nous nous préparons à lever l’ancre pour aller nous mettre à l’abri ailleurs. Ironie du sort : l’ancre, finalement bien accrochée, est bloquée au fond. Deux heures de manœuvres plus tard l’ancre ne bouge pas d’un poil. Un dernier essai infructueux nous pousse à l’évidence : il va falloir abandonner l’ancre et rejoindre le port le plus proche.

9h du matin, nous sommes amarrés au ponton du port. Personne n’est blessé. Felouk est sens dessus dessous. Aujourd’hui, ce sera sieste, douche et repas au restaurant. Demain, rangement et réparation de Felouk.

Ca n’aura pas été sympa, mais on aura beaucoup appris. C’est déjà ça de pris.

Bisous fatigués !

Lamia

PS : l’ancre, saine et sauve, a été récupérée quelques heures plus tard par une équipe de plongeurs et a retrouvé sa place sur Felouk. Tout est bien qui finit bien !

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