[17] La plaisance, c’est le pied !

Hola !

Cela fait maintenant un petit mois que nous avons quitté Propriano pour les Baléares. Notre première escale fut l’île orientale de l’archipel, Minorque. La remise en forme suite à la traversée (racontée ici) a consisté en une paella à l’encre de seiche au restaurant proche du bord de mer et à des promenades tout autour de l’île, entre falaises, prairies verdoyantes et eau turquoise (et méduses). Nous avons poursuivi notre voyage vers Majorque, île plus imposante, plus touristique. Jusque-là, c’est le rêve. La belle vie. Tout se passe comme sur des vaguelettes. Alors, naturellement, on s’est senti en confiance.

Nous décidons donc de rejoindre Ibiza, à l’Ouest. La traversée est longue de 60 milles nautiques, équivalents grosso modo à 120km. Les vents sont peu favorables le matin mais les prévisions indiquent qu’ils doivent tourner dans la journée pour nous faciliter la tâche. Nous prévoyons une douzaine d’heures de navigation.

7h réveil, 7h15 pancakes cuites, 7h17 pancakes mangées, 8h moteur en marche, vamos !

Nous partons donc, cap 265°. Vent dans le nez, tendance narine gauche. On était prévenu, on se rassure, les vents vont tourner et on sera tranquille. En attendant ce coup de pouce d’Eole, la mer décide de se lever et une houle se dresse sur notre chemin, pile poil comme il faut pas. Résultat? Effet tapis de course. T’as beau courir vite, si le tapis va aussi vite, tu restes sur place. Je dirais même, effet tapis de course mouillé. Aller contre une vague, tout le monde le sait, ça éclabousse…

Après 5h de navigation, le constat est là : nous n’avons parcouru que 17 milles sur 60, nous sommes trempés, le vent et la houle sont contre. Un esprit logique aurait décidé dare-dare d’un demi-tour pour retrouver les eaux calmes de Majorque. Mais non, nous sommes obstinés par ce vent qui doit bientôt tourner et nous continuons tête baissée.

Le cap s’éloigne progressivement, notre route est bien trop Nord. Nous allumons le moteur pour essayer de contrer ce vent terrible. La houle est toujours haute, le bateau tape fort : ça fait du bruit et des gerbes d’eau sur le pont. Ça fuite par le hublot avant. Ça fuite par le panneau latéral. On se concentre et compatit pour Felouk qui résiste tant bien que mal. Puis, il y a un bruit. Différent. On ne comprend pas bien ce qui s’est passé. Un regard vers l’avant du bateau et le diagnostic est fait : l’ancre, mal accrochée, est tombée et la chaine s’est déroulée sur quelques mètres. Impossible de la ramener en étant contre la houle, nous devons faire un demi-tour pour la remonter à bord. La manœuvre est stressante mais réussie. L’ancre est à sa place. Nous repartons vers Ibiza.

Après 10h de navigation, nous sommes encore loin et les vents toujours pleine face. “Mais bon sang, quand est-ce qu’ils vont tourner ces vents?!” Nous pressentons une arrivée de nuit. Nuit sans lune qui plus est, c’est plus rigolo quand on n’y voit rien du tout. Un esprit doué d’intelligence aurait alors préconisé une arrivée dans un port, endroit serein, et éclairé. Mais non, nos cerveaux sont rincés et nous décidons de barrer en direction d’une cala minuscule. L’approche est délicate, la cala est calme, nous posons l’ancre. Il est temps d’ouvrir un bocal mérité de bœuf bourguignon maison accompagné de sa purée bien beurrée. Le ventre rempli, les cernes creusées, il est temps d’aller dormir.

Réveil 4h : il semble que l’ancre soit mal accrochée et que nous dérapions vers les falaises. Frontales au front, nous nous préparons à lever l’ancre pour aller nous mettre à l’abri ailleurs. Ironie du sort : l’ancre, finalement bien accrochée, est bloquée au fond. Deux heures de manœuvres plus tard l’ancre ne bouge pas d’un poil. Un dernier essai infructueux nous pousse à l’évidence : il va falloir abandonner l’ancre et rejoindre le port le plus proche.

9h du matin, nous sommes amarrés au ponton du port. Personne n’est blessé. Felouk est sens dessus dessous. Aujourd’hui, ce sera sieste, douche et repas au restaurant. Demain, rangement et réparation de Felouk.

Ca n’aura pas été sympa, mais on aura beaucoup appris. C’est déjà ça de pris.

Bisous fatigués !

Lamia

PS : l’ancre, saine et sauve, a été récupérée quelques heures plus tard par une équipe de plongeurs et a retrouvé sa place sur Felouk. Tout est bien qui finit bien !

[16] Un masque peut en cacher un autre

Aujourd’hui j’ai envie de vous raconter une petite anecdote qui m’est arrivée la semaine dernière, et qui m’a fait réfléchir… un peu trop peut-être?

Alors que j’attendais, à visage découvert, pour aller acheter mon bruccio comme chaque semaine depuis 6 mois, l’épicière ne m’a pas reconnu. Incompréhension. D’accord, j’étais sur le continent la semaine précédente, mais tout de même. Pas rancunière, je m’avance vers l’entrée du magasin et enfile mon masque de rigueur. Surprise. “Ah ! C’est vous!”

Visiblement, elle ne s’attendait pas à ce que mon visage ait cette tête.

J’avais déjà remarqué comment mon cerveau fabriquait de toutes pièces un bas de visage aux inconnus masqués. C’est même devenu une source constante d’amusement. Prendre conscience des élucubrations du cerveau et attendre, au gré du hasard et de la chance, la révélation inopinée de la réalité. Jamais je ne me suis approchée de ce qui m’a été permis de voir. Jamais. Toujours la surprise.(et, de vous à moi, j’ai un cerveau plutôt optimiste!)

J’ai alors pensé que ces inventions sorties droit de mon cerveau devaient également s’amuser à imaginer une personnalité, un passé, une vie aux inconnus. Je pense notamment à ces premières impressions mises en défaut après avoir fait connaissance. Inconsciemment et constamment le cerveau comble ce qu’il ne connait pas par des suppositions. Et vu mon taux de réussite en devinette de visage, il vaut mieux que je reste sur mes gardes quant aux premières impressions que je peux avoir.

Si l’opportunité de connaître mieux cet inconnu ne se présente pas, jamais je ne saurai qui se cache derrière cette première impression fallacieuse. Je continuerai alors de croire ce que mon cerveau a inventé et qui sera très probablement loin de la vérité.

Alors, si les masques peuvent nous rappeler une leçon autre que “éviter de poustillonner sur les gens quand on est malade, c’est malin”, c’est celle de ne pas s’arrêter à nos a priori. En avoir est normal, les croire est illusoire.

Lamia

[15] Ô Liberté

Revoilà les aventures à bord de Felouk ! Après un hiver à avoir été chouchouté au port de Propriano, le voilier est en pleine forme pour attaquer son prochain périple. Chauffage installé, carène lisse comme de la porcelaine, et surtout coffres plein à craquer de conserves maison et de spaghettis.

Nous larguons les amarres de Propriano vers 15h, le cœur entre deux sentiments. Le bonheur de partir en mer, loin des restrictions, de se sentir vivre et d’entrevoir des semaines pleines de découvertes. La tristesse de quitter un lieu que l’on a aimé, des voisins de pontons qu’on ne recroisera sans doute jamais. Un dernier coucou de la main, et c’est bon, nous sommes en route.

Et donc, où allons-nous vous demandez-vous ! Notre première escale sera minorquine, et ça fait une sacrée trotte! Nous aurions aimé faire une première étape dans la réserve Asinara au Nord de la Sardaigne mais les vents n’ont pas l’air d’accord. Il va falloir faire la traversée d’un coup d’un seul.

Nous prenons un cap quasi plein sud jusqu’à attraper des vents d’Est qui nous poussent fort vers notre destination. Le génois gonflé à bloc et le pilote automatique branché, il ne reste qu’à profiter de la vue, des vagues et du soleil. Enfin, profiter des vagues, c’est un grand mot. N’ayant pas fait de grandes navigations ses derniers mois, le mal de mer se faufile dans mes entrailles et ne me lâchera qu’à l’arrivée.

Arrive la nuit, et c’est la première fois que nous ne serons que deux pour assurer la veille. Toutes les deux heures, nous échangeons nos postes. Passer du lit douillet au cockpit humide et froid n’est pas le moment le plus agréable, mais c’est une bonne excuse pour grignoter des gâteaux au milieu de la nuit, et c’est déjà ça de pris !

Au lever du soleil, nous avançons à toute berzingue sans n’apercevoir plus aucune côte. Ô liberté ! Les vents commencent à nous lâcher en fin d’après-midi et nous abandonnent pour la nuit. Il va donc falloir faire nos quarts de deux heures avec le bruit du moteur en fond sonore. Bonheur.

Les quarts sont difficiles, nous sommes déjà fatigués (heureusement qu’on fait pas le Vendée Globe bon sang!). J’opte pour la méthode de l’occupation et prépare des pancakes au milieu de la nuit. Quel plaisir de s’en délecter en regardant le lever du soleil juste avant de s’effondrer dans un lit tout chaud.

Nous finissons la traversée au moteur accompagnés par des dauphins qui viennent jouer avec Felouk et jetons l’ancre dans une superbe cala cinquante heures après notre départ. L’endroit est sauvage, nous sommes entourés de falaises creusant des petites criques à l’eau turquoise. Des oiseaux planent au-dessus de nous.

Il est temps d’aller faire un somme pour profiter demain de ce lieu splendide.

Lamia

[14] « En attendant, rien ne se passe »

5 février 2021

Peut-être certains ont, comme moi, lu “En attendant Godot” de Samuel Beckett au lycée. Je me souviens qu’à l’époque j’avais trouvé ce livre étrange tout en l’appréciant, sans trop savoir pourquoi. Dans cette pièce de théâtre, le personnage principal attend à un arrêt de bus si je me souviens bien. Voilà tout. Il attend.

En le relisant il y a quelques années, une phrase m’a particulièrement impacté : “En attendant, rien ne se passe”. Plus je la répète, et plus elle m’apparaît parfaite. “En attendant, rien ne se passe”. N’exprime-t-elle pas avec des mots simples l’immobilisme qui caractérise l’attente?

Attendre le bon moment. Attendre que ça passe. Attendre son tour. Attendre qu’il/elle se décide. Attendre l’opportunité. Attendre.

L’attente en soi n’apporte rien. L’attente est passive.

L’attente, pourtant, nous semble parfois inéluctable. Qu’il s’agisse de budget, de santé, de réflexion d’un tiers. Tout ne peut être réalisé dans l’instant.

Ce délai, ce temps, ne doit cependant pas être nécessairement de l’attente, état passif n’amenant aucune avancée. Il peut être le moment de la réflexion, de l’anticipation, de la préparation, de l’action et de la pensée.

Cette phrase, je me la répète lorsque survient l’impression d’être bloquée dans mes projets. J’essaie alors de me demander “qu’est-il possible de faire dans l’instant afin que ce temps me soit utile dans le futur, afin que quelque chose se passe?” Et croyez-moi, il y a toujours une réponse.

A bientôt,

Lamia

[13] Mes 5 astuces pour commencer à créer

Vous vous l’êtes promis, la créativité c’est pour cette année ! Comment faire pour commencer à créer quand rien n’est connu et tout est à apprendre?

Pour vous aider, voici les astuces que j’utilise pour me motiver et me lancer dans des nouvelles activités tranquillement, sans pression. Car c’est quand même ça le but ultime de la créativité : prendre du plaisir, non?

Mon conseil number one et qui ne coûte rien : dévorer les vidéos Youtube du sujet qui vous intéresse ! Oui, regarder des vidéos de gens qui font, des tutos c’est déjà un début ! Avant même d’avoir ma machine à coudre, j’avais déjà une idée assez précise des étapes de fabrication d’une pochette, de la méthode pour coudre une fermeture éclair etc… Et plus j’en regardais, plus j’adorais et plus j’avais envie de m’y mettre moi aussi. Je pense que ça m’a rassuré de me rendre compte de ce que c’était avant de commencer, de voir que je pouvais y arriver et ça m’a surmotivé !

En plus ça permet d’avoir un aperçu de tout ce qu’il est possible de faire, d’avoir des conseils de pro comme d’amateurs.

Alors si une activité vous tente, regardez des vidéos Youtube, ça vous donnera un bon aperçu 🙂

S’aider de l’expérience des autres pour visualiser ce que vous pouvez faire et comment.

Quand on commence, on ne sait pas de quoi on est capable. On ne sait pas non plus vraiment ce que l’on aime faire, ce que l’on a envie de créer. Le plus facile, c’est de copier ce que quelqu’un a déjà fait. De cette manière, pas de peur de ne pas savoir quoi faire, l’idée est d’expérimenter, de tester tout en ayant un modèle. Au fur et à mesure, on découvre ce qu’on préfère créer et au contraire, ce qui ne nous plait pas.

Pour ma part, j’ai commencé l’aquarelle en suivant les vidéos des Tribulations de Marie. Je trouvais ses fleurs magnifiques. Par contre, je n’aime pas du tout les peindre ! Néanmoins, suivre ses cours et ses astuces m’a permis de me lancer, de comprendre que je n’aimais pas peindre les fleurs, et que je préférais les peintures plus abstraites. Et doucement, je commence à trouver le style qui me correspond plus.

C’est en expérimentant que les idées vont venir et que votre sens artistique va se développer. Il ne faut pas attendre d’avoir une idée magique.

Mon troisième conseil : l’organisation. Plutôt que de se dire “allez lundi, je fais de la couture!”, se dire “allez, lundi soir, je fais le tuto pour coudre ces superbes coussins ronds que j’ai vu sur le blog d’Amor Fati Atelier” #placementdeproduit

Se fixer des objectifs trop larges comme “commencer la couture” ou “faire de l’aquarelle” quand on débute, ça n’aide pas à se lancer. Mieux vaut viser quelque chose de concret, tel projet, telle peinture, tel tuto. Avoir une idée précise aide à s’organiser et à avancer.

Vous pouvez alors prévoir tout ce dont vous aurez besoin pour cette session créativité. Le temps, le matériel et ainsi vous serez dans les conditions optimales pour vous lancer.

S’organiser pour créer permet de se lancer plus facilement.

Ca, c’est l’astuce du siècle ! Je ne pense pas être la seule, mais des fois je pense à faire de la broderie, puis je flâne au rayon #embroidery à la recherche d’une inspiration et … il est l’heure d’aller dormir. Bilan, j’ai passé une heure entre Whatsapp et Instagram à ne rien faire. Alors que les soirs où j’ai éteint mon téléphone, qu’il faut bien que je m’occupe, je crée sans m’arrêter et pour le coup, j’oublie même d’aller dormir…

Il faut s’organiser un peu car on n’a plus l’habitude ne pas avoir internet sous la main. Par exemple, je garde des captures d’écran de tableaux que j’aime bien, de broderie, de couture et ça me permet d’avoir l’inspiration si besoin 🙂

S’isoler, être au calme et ne pas être interrompu ou perturbé, c’est aussi ce qui permet au cerveau de vagabonder dans ses pensées, de lâcher prise.

Et surtout, amusez-vous !

Quand je crée, c’est surtout pour m’amuser ! Vous aussi, non? Alors, pas de pression ! On s’en fout si c’est pas joli, si c’est pas partageable, si c’est pas du tout ce qu’on avait imaginé. Juste regarder les couleurs se mélanger. Apprendre. Se laisser aller à ce qu’on a envie, à ce qu’on ressent. Prendre du plaisir à ne pas devoir être efficace ou rentable.

Explorer sa créativité, c’est profiter de cet espace de liberté qui vous permet de vous évader depuis votre salon.

Et vous, vous faites comment pour vous lancer?

Lamia

[12] Diy : coudre un coussin rond plissé en velours

19 décembre 2020

Salut !

Aujourd’hui c’est parti pour un tuto super simple pour faire des jolis coussins ronds plissés, dans un superbe velours tout doux. Débutants, n’ayez pas peur, vous pouvez le faire sans soucis 😉

Pour coudre un coussin de 40cm de diamètre, il vous faudra :

50 cm de tissu
– du fil assorti
– du rembourrage pour coussin (250g environ)
– un bouton de 15 ou 20mm de diamètre ou un pompon ou pas, c’est à vous de voir !

Allez, c’est parti !

– tracez sur l’envers du tissu deux cercles de 42 cm de diamètre (40cm + 1cm de marge de couture tout autour) et coupez-les

Pour tracer un cercle rapidement : sur l’envers du tissu, placer un point au centre du futur cercle et mesurez 21cm tout autour de ce point, puis reliez les traits 🙂
Si vous comptez en faire plusieurs, il peut valoir le coup de faire un patron du cercle. Pour un seul, je trouve que c’est plus rapide de tracer directement. A vous de voir ce que vous préférez 🙂

– marquez le centre du cercle sur l’endroit grâce à un petit bout de fil/croix de craie à tissu

– assemblez endroit contre endroit avec une belle couture en arrondi, en laissant un espace d’environ 10cm entre le début et la fin de la couture

– crantez le pourtour tous les 2 cm pour avoir de jolies finitions et retournez le coussin par l’espace laissé

– avec une baguette chinoise, ou tout autre ustensile long et fin, ressortez bien la couture et passez un coup de fer à repasser. Au moment du repassage, pensez à marquer les marges de couture de l’ouverture, ce sera plus simple ensuite de la fermer

– grâce aux marques que vous avez placées au centre du tissu au début, cousez le bouton au centre en passant bien par les deux épaisseurs. Serrez bien, c’est ce qui donnera l’effet plissé au coussin

– rembourrez le coussin autant qu’il vous plait. Sur la photo, le bouton n’a pas disparu, il est de l’autre côté!

– fermez le coussin grâce à une couture invisible à la main. Il faut être minutieux pour que la couture passe inaperçue : rapprochez les deux bords du tissu, et cousez en zig-zag jusqu’à fermer complètement le coussin

Et voilà !

Vous pouvez également placer un biais contrastant tout autour, faire des faces de différentes couleurs, mettre des franges, amusez vous !

Si vous utilisez ce tuto, je serais ravie de voir vos belles créations avec le hashtag #tutocoussinamorfati

Bonne soirée créative,

Lamia

[11] Le tableau de projets pour développer sa créativité

14 décembre 2020

Bonjour les gens !

Au début du mois, on a parlé ici des questions à se poser pour faire le point sur sa vie et pouvoir changer de cap si besoin. Je vous ai expliqué comment j’en étais venue à faire de la place pour la créativité dans mon quotidien et comment ça m’avait sauvé !

J’avais donc décidé qu’il fallait que je fasse rapidement quelque chose de mes dix doigts car je n’étais pas satisfaite de ma vie. Ni une, ni deux, je me suis lancée dans la couture. Pourquoi la couture ? Je voulais que ma créativité soit utile, les questions éthiques autour de la fast-fashion me donnaient envie d’une autre façon de m’habiller. Et puis, je ne sais pas, ça m’est venue comme ça alors j’ai suivi mon instinct 🙂

Le problème, c’est qu’une fois qu’on commence à se laisser aller à la créativité..et bien.. on ne peut plus s’arrêter !! J’avais mille idées à la minute, des envies subites de faire la menuiserie, de la tapisserie, de la peinture… Seulement, je me rendais compte que lorsque je voulais m’y mettre, je n’avais pas le matériel adéquat ou je ne savais pas par quoi débuter etc… Finalement j’ai remarqué que beaucoup des projets n’aboutissaient jamais. Vous aussi vous connaissez ça? Donc il a fallu organiser ce joyeux bazar, pour réussir à en finir au moins quelques-uns.

J’ai donc construit un tableau de projets créatifs pour m’aider à m’organiser dans ma créativité. Il me permet de voir en un coup d’œil les grandes étapes de la réalisation de chaque projet et le matériel qui manque.

Comment est-ce que je remplis ce tableau pour booster ma créativité ?

Déjà, je ne note que les projets auxquels j’ai réfléchis et qui me tiennent vraiment à cœur. Ce n’est pas une liste des idées que j’ai eu en rêvassant ou en trainant sur des blogs (même si c’est super de les noter, ce n’est pas ici que ça m’est utile).

Ensuite, je note dans la case « étapes » les différentes… étapes. Hum. Avoir en visu ce qui m’attend me permet de mieux me projeter, ce qui me donne confiance et me permet de commencer le projet.

Pour chaque étape, je note une durée prévue. A la louche. Cette case je l’ai rajouté pour les fois où j’ai un temps mort, pouvoir regarder le tableau et me dire « tiens, j’ai une demi heure devant moi, je peux imprimer tel patron »

Puis, vient la case « matériel manquant » où je liste les outils, peintures, fils, etc dont j’aurai besoin et que je n’ai pas. Comme ça, plus d’excuse, je sais quoi acheter quand je suis dans les rayons du magasin. En plus, je vois que je peux commencer le projet sans attendre, j’ai tout ce qu’il faut pour me lancer !

Et enfin, j’ai mis une case « priorité »pour m’aider à choisir entre les projets créatifs 🙂

Remplir ce tableau et m’y référer quand j’ai un temps libre m’a permis d’avoir la satisfaction d’avancer sur beaucoup de projets et de les mener à terme. Alors, si vous aussi vous regorgez d’idées mais vous ne savez pas où donner de la tête, téléchargez ce tableau et voyez vos idées prendre forme !

Dites-moi en commentaire si vous avez d’autres méthodes pour vous motiver, ça m’intéresse beaucoup de savoir quelles sont vos techniques pour vous booster au quotidien !

Des bisous, et à très vite pour d’autres post sur la créativité 🙂

Lamia

[10] On s’installe en Corse #3 : L’insularité

8 décembre 2020

Bonghjornu !

Ca y est, la Corse est entrée en hibernation, avec ses épisodes de pluies diluviennes et son activité au ralenti. Quoi de neuf pour nous?

Tout d’abord, toujours rien à dire, ils sont vraiment sympas.

Côté gastronomie, le brocciu est de retour, je suis donc la plus heureuse du monde. En plus de ça, il y a une production locale d’avocat, vous saviez ça vous? J’en suis restée stupéfaite, on peut donc manger des avocats qui n’ont pas fait le tour du monde avant d’arriver dans notre assiette et ça, j’adore!

Mais venons-en au troisième point… j’ai découvert l’insularité. La vie sur une île. De prime abord, on se dit que ça ne change pas grand chose. Détrompez-vous.

J’ai donc explosé mon bilan carbone. Ah ça fait ses courses avec des sacs en tissus au marché bio mais ça prend 20 fois l’avion dans le mois. Je l’avais pas vu venir. Je m’étais dit que je ferai pas tant d’aller-retours vers le continent et que j’opterai pour le ferry au maximum. Mais en fait, non, t’as le choix entre dormir sur les banquettes du bar d’un ferry qui prend 12 heures pour la modique somme de 120€ et un avion qui met 1h30 pour 50€. Le choix est vite vu. Donc ça c’est le premier versant négatif de vivre sur une île, je prends l’avion souvent.

Puis j’ai explosé mon compte “charge mentale pour la réservation des billets d’avion”. C’est qu’un billet d’avion c’est de l’anticipation, des prix qui font du trampoline et des annulations. C’est à cause de trucs comme ça que tu deviens la relou qui demande “et, on fait quoi pour le nouvel an?” alors que t’es le 15 août et qui rajoute “non parce que les prix font qu’augmenter!!” parce que tes favoris sont devenus AirCorsica, Easyjet et Volotea que tu consultes trente fois dans la journée.

Et le pire dans tout ça, c’est que t’as tout prévu depuis 6 mois, t’es à bloc, t’es fière de toi, t’as même géré la correspondance en train, t’es la vainqueur. Et là, c’est l’inquiétude. Pourvu qu’il n’y ait pas de grève à Noël, pourvu que Zeus et Éole restent sages. Parce que si ton vol est annulé, t’as pas de train, pas de covoiturage, pas de “j’m’en fous au pire j’fais du stop!”. Non, tu te rends compte que si y’a une tempête, tu restes chez toi. C’est tout. J’vous le dis, j’vais me faire une petite réserve de foie gras (et de brocciu), juste au cas où.

Quand je suis arrivée, un collègue m’a dit quand tu seras confrontée à l’insularité, c’est là que tu comprendras si tu es faite pour vivre ici”. J’crois qu’il a doublement raison : c’est un sentiment qui peut remettre en question le choix de vivre ici, et il faut l’avoir vécu. Je ne suis pas certaine que ça puisse s’anticiper. Tu ne peux comprendre qu’une fois l’expérience faite. Pour ma part, j’avais complètement sous-estimé cette facette de la vie en Corse.

Cette expérience me rappelle combien il est important de se confronter aux choses pour en saisir les aspects qui auraient échappés à la seule réflexion.

Mais ne vous inquiétez pas pour nous, on est quand même content de notre vie ici, face à la mer.

Allez, je dois y aller, j’viens de recevoir un mail de Volotea.

Ciao !

Lamia

[9] Faire le point dans sa vie comme sur l’eau !

1er décembre 2020

A l’heure des bilans de fin d’année, voici un article sur “les 3 règles de la navigation”. Si tu relis cette phrase et qu’elle n’a toujours aucun sens pour toi, continue de lire, ça vaut le coup!

Alors que je m’attaquais au Livre des Glénans, la bible de la navigation à la voile, j’ai été stoppée nette par ces mots :

“La navigation est une science qui doit répondre à trois objectifs :

– faire le point, c’est-à-dire savoir où l’on est avec certitude,

– déterminer la route à suivre pour atteindre sa destination,

– décider où l’on ne veut pas être, et confirmer avec certitude que l’on n’y est pas.”

Et là, je me suis dit “ouaaaaah mais en fait c’est comme la vie!”, et voilà où s’est arrêtée ma préparation au stage de voile.

« Voilà, ma vie en ce moment c’est ça »

Savoir où l’on est, a priori, on dirait que c’est la plus facile mais elle cache bien son jeu. Pour répondre, il faut pouvoir être objectif avec soi-même sans se juger, juste constater : “Voilà, ma vie en ce moment, c’est ça”.

Que fais-je de mes journées? Cela me plait-il? Est-ce en harmonie avec mes pensées, mes valeurs? Est-ce que j’apprécie mon lieu de vie? Mes habitudes du quotidien? Se poser la question est l’étape la plus importante. Le but n’étant pas de faire une dissert mais d’avoir cette réflexion dans un coin de la tête et d’y répondre petit à petit, d’être attentif à son quotidien, à ses sensations et de prendre du recul.

« Et dans cinq ans, j’aimerais que ma vie ressemble à ça »

Déterminer la route à suivre pour atteindre sa destination : allez, on se projette dans plusieurs mois, ou dans cinq ans. Vers quoi me mène ma vie actuelle? Est-ce que cette perspective me plait? Si j’ai un projet, est-ce que ma vie actuelle me permettra de le concrétiser? Quelles étapes m’attendent? Comment puis-je m’y préparer dès à présent?

« Tant que je finis pas comme ça, c’est déjà pas mal ! »

Décider où l’on ne veut pas être et être certain de ne pas y être : encore une fois, ces mots simples sonnent tellement justes ! Dans la vie comme sur l’eau, il est vite arrivé de se laisser porter par les courants et de finir sur les cailloux. Réfléchir à ce qui nous angoisse, nous met mal à l’aise, nous rend malheureux permet de déterminer les situations que nous ne voulons pas reproduire et que nous souhaiterions éviter à l’avenir.

Se poser ces questions prend du temps et du courage pour oser affronter les réponses qui souvent nous poussent à sortir de nos habitudes. Mais c’est aussi grâce à ces questions qu’une vie qui nous ressemble, nous plaît, nous permet de nous épanouir et d’être heureux est possible.

Pour ma part, quand je me suis posée ces questions il y a plusieurs années, j’étais étudiante en médecine. Enfermée entre les murs vieillots de la bibliothèque ou entre les murs blancs de l’hôpital, au choix. Je sentais que je n’étais pas heureuse, pas épanouie. Il manquait quelque chose. En y réfléchissant mieux, je me suis rendue compte que j’avais besoin de Faire, d’utiliser mes mains pour créer, fabriquer.

C’est comme ça que j’ai décidé qu’il fallait que je développe ma créativité, mon savoir-faire manuel, que je laisse place à l’imagination dans mon quotidien ! Et quelle révélation ! Ces moments de créativité m’ont apporté une bouffée d’oxygène incroyable. Désormais, je n’imagine plus mon quotidien sans ces instants de créativité.

Et vous, vous vous les posez ces questions?

Lamia

[8] On s’installe en Corse #2 : Les Corses

20 août 2020

“Ah c’est sûr c’est superbe la Corse, mais tu vas voir, les Corses, ils sont pas faciles…!!” A quelques mots près, c’est ce que chaque personne m’a répondu quand j’ai dit que je partais vivre à Ajaccio. Ca y va bon train : les Corses, faut pas les embêter, ils détestent les gens du continent, les étrangers. En gros, les Corses n’aiment que les Corses et s’ils ne t’aiment pas, ils te le font savoir en faisant exploser ta maison.

Comme je ne m’arrête pas à des on-dits, j’étais curieuse de voir comment l’installation allait se passer.

Et là, sidération. Bouche-bée. Pas une seule insulte. Pas un seul mauvais regard. Pas un seul. J’vous jure, j’ai scruté, observé, écouté. Mais non. J’vous assure. Alors ça fait que quelques mois qu’on vit ici, on n’est pas à l’abri d’un coup de fusil au coin de la rue la semaine prochaine vous m’direz.

Tenez, lisez un peu ces anecdotes, vous allez voir, c’est louche toute cette histoire :

Après notre semaine de traversée, on débarque sur la plage avec nos poubelles bien remplies. On cherche rapidement un container mais rien. On se renseigne auprès de personnes sur la plage sur la localisation des poubelles. Vous savez ce qu’elles ont répondu? “Ah mais donnez-les nous, on s’en charge si vous voulez!”. On a refusé, c’était trop étrange cette gentillesse.

Il y a eu ce moment où j’ai demandé au gérant du supermarché en bas de chez nous s’il savait où je pouvais me fournir en fromage blanc de qualité. Sa réponse m’a abasourdi “ah je vais regarder si j’en trouve et on le mettra en rayon pour vous”. Je lui ai dit de ne pas s’embêter, on sait jamais, les gens sympas ça cache toujours quelque chose.

Il y a aussi eu cette fois où je remontais une rue bien pentue à pied, sous le soleil. Une voiture s’arrête à ma hauteur et une dame me lance un “Bonjour ! Vous allez où? Je peux vous amener si vous voulez, ça grimpe ici, et il fait chaud!”. J’vous jure. Incroyable. Si elle a cru qu’elle allait m’avoir comme ça.

Ils ont évolué les Corses, j’vous le dis. Faut être prudent si vous venez par là. Faut se préparer psychologiquement. C’est plus à coup d’explosif qu’ils vont vous faire fuir. Non. C’est trop old-school ça. C’est plus vicieux maintenant. Vous avez compris ce qu’ils font? Ils sont là, à être sympas, accueillants, gentils. Et du coup, vous, p’tit nouveau, vous trouvez ça bizarre. Vous vous renfermez sur vous. Vous êtes déçus de pas trouver des fous furieux prêts à vous tirer dessus. Tous vos idéaux sont bafoués. Vous n’avez aucune histoire croustillante à raconter à votre famille, à vos amis. Face à cette désillusion, vous vous demandez si finalement, vous vous y ferez un jour.

C’est pas facile tous les jours ici vous savez.

Lamia